La sprinteuse sarregueminoise a empoché, samedi, l'argent du 50 m libre. A la clé, un nouveau record de France (26"23).
Au bout du fil, une voix fragile, timide. Nous sommes dimanche matin, Elodie Schmitt a ouvert les yeux sur le plus beau trophée de sa jeune carrière : la veille, elle est devenue vice-championne d'Europe du 50 m libre, à Anvers. Quoique pressentie, devinée par Olivier Antoine, l'entraîneur de la Sarregueminoise, la performance exerce sur la jeune sprinteuse de quinze ans des charmes envoûtants : « Je suis surprise et heureuse. En début de saison, l'objectif était simplement de se qualifier aux championnats d'Europe. Je ne partais pas dans l'optique d'un podium. »Forte du quatrième temps d'engagement, Elodie Schmitt a tenu les promesses placées en elle. Dès les séries du matin. Avec 26"64, trois centièmes de mieux que son record personnel, elle virait en deuxième position avant les demi-finales, où elle confirmait son rang, et même mieux que cela, en escamotant le record de France quinze ans détenu par la Niçoise Camille Muffat (26"29 contre 26"48). « L'attente jusqu'à la finale s'est déroulée normalement. J'étais un peu stressée bien sûr, mais aussi rassurée après mes premières courses. J'ai tout donné, je ne me souviens plus de grand-chose. Tout est allé si vite... Je me rappelle seulement d'un grand bonheur à la lecture du tableau lumineux. » En 26"23, Schmitt venait de se faufiler à la deuxième place derrière l'Ukrainienne Dikidzhy (25"95), d'améliorer son record de France et de signer la dixième performance française toutes catégories, à égalité avec Solenne Figuès.
Après cinq jours de compétition, le bilan européen est étincelant pour la Sarregueminoise, arrivée auparavant en demi-finale du 100 m libre et quatrième au sein du relais 4x100 m libre. « Nous étions un peu déçues de terminer au pied du podium, mais en même temps satisfaites du résultat. C'est encourageant pour l'avenir. » La bonne santé de l'équipe de France en Belgique a également servi les intérêts de la demoiselle : « Quand tu vois les autres faire des médailles, ça donne envie... La bonne ambiance au sein du groupe a été un plus pour moi. »
A l'exemple d'Aurélie Muller, couronnée l'an dernier championne d'Europe juniors du 400 m libre, Elodie Schmitt peut désormais aviser le futur sous des contours engageants. Dans un club vertueux où le savoir-faire international n'est plus à prouver. À Sarreguemines, la saga continue.
P. T.
Paru le : 23-07-2007
